Rubrique
La lumière naturelle, première alliée du photographe amateur
La lumière du jour est gratuite, changeante et d'une richesse infinie. Apprendre à la lire est le moyen le plus rapide de transformer vos images.
Avant de toucher au moindre réglage, un photographe regarde la lumière. D'où vient-elle, est-elle dure ou douce, chaude ou froide ? Ces trois questions suffisent à expliquer pourquoi une photo fonctionne ou non.
Lire la direction de la lumière
Une lumière frontale, qui arrive dans votre dos et frappe le sujet de face, écrase les volumes. Les couleurs sont nettes mais les formes paraissent plates, sans relief. C'est la lumière des photos souvenirs un peu fades.
Une lumière latérale, qui vient de côté, sculpte au contraire le sujet. Elle révèle la texture d'un mur, les rides d'un visage, le grain d'une écorce. Si vous ne deviez retenir qu'un conseil, ce serait celui-ci : placez-vous de façon à ce que la lumière arrive sur le côté.
Le contre-jour, enfin, place la source derrière le sujet. Il crée des silhouettes, des contours lumineux dans les cheveux, des feuilles qui semblent s'allumer. C'est une lumière plus difficile, mais souvent la plus poétique.
L'heure dorée, le moment préféré des photographes
Juste après le lever du soleil et juste avant son coucher, la lumière traverse une plus grande épaisseur d'atmosphère. Elle devient plus chaude, plus douce et plus rasante. Les ombres s'allongent et le paysage gagne en profondeur.
Pour comprendre le phénomène et ses variations selon la saison et la latitude, l'article de Wikipédia consacré à l'heure dorée est une bonne base. Retenez surtout que ce moment est court : arrivez en avance, votre cadre déjà choisi.
Pourquoi un ciel couvert est-il une chance ?
Beaucoup d'amateurs rangent leur appareil dès que le ciel se couvre. C'est dommage, car les nuages agissent comme un immense diffuseur. La lumière devient enveloppante, sans ombres dures, idéale pour les portraits, les fleurs, les sous-bois et les rues.
Par temps gris, évitez simplement d'inclure trop de ciel blanc dans le cadre. Resserrez sur le sujet, cherchez les couleurs saturées que la lumière douce met en valeur, et profitez de ces heures où tout semble plus calme.
Midi et soleil dur : que faire ?
En plein midi, le soleil tombe à la verticale et crée des ombres noires sous les yeux, sous les arbres, sous les toits. On ne peut pas toujours choisir son heure, surtout en voyage. Il existe pourtant des parades.
- Cherchez l'ombre ouverte : le côté ombragé d'une rue ou d'un bâtiment offre une lumière douce et réfléchie.
- Jouez le contraste : les ombres graphiques d'une pergola ou d'un escalier peuvent devenir le sujet lui-même.
- Pensez au noir et blanc, qui valorise les contrastes forts au lieu de les subir.
- Photographiez les intérieurs, les marchés couverts, les musées quand la photo y est permise.
Bien exposer sans se tromper
La lumière naturelle varie tellement que l'automatisme de l'appareil se trompe parfois. Un paysage enneigé sort souvent trop gris, une scène sombre trop claire. Prenez l'habitude de regarder l'histogramme plutôt que l'écran, qui trompe en plein soleil.
La correction d'exposition est votre meilleure amie. Un léger réglage vers le plus éclaircit la neige, un réglage vers le moins préserve un ciel de coucher de soleil. En cas de doute, prenez plusieurs versions et choisissez au retour.
Exercice de la semaine
Choisissez un lieu près de chez vous, un banc, un arbre, une façade. Photographiez-le le même jour avec une lumière frontale, latérale puis à contre-jour, en vous déplaçant autour de lui.
Comparez ensuite les images côte à côte. Vous saurez désormais, d'un seul coup d'œil, de quel côté vous placer. Pour aller plus loin, poursuivez avec la rubrique composition.